

[Guillaume SOMMERER]
Une idée de valeur en plus tout de suite : Benjamin Sacchet nous rejoint pour vous livrer cette idée si vous souhaitez compléter vos portefeuilles. Bonjour Benjamin, directeur associé chez Avant-Garde Family Office. Vous allez nous présenter une forte conviction en deux minutes trente. Mais vous avez choisi une valeur extrêmement connue : un mastodonte de Wall Street. Habituellement, dans Valeur ajoutée, nous faisons découvrir des pépites. Là, vous nous proposez carrément un géant du S&P 500. N'est-ce pas un peu trop facile ?
[Benjamin SACCHET]
Oui, c'est facile, Guillaume, mais ce n'est pas une raison pour ne pas le faire. Les actionnaires d'Air Liquide sur cinquante ans sont probablement très satisfaits, alors que c'était déjà une valeur facile à identifier. Aujourd'hui, nous allons parler de Wall Street, de la technologie et de Microsoft, que l'on ne présente plus. C'est l'un des grands écosystèmes numériques mondiaux, avec Windows et Office, la puissance d'Azure dans le cloud, et maintenant l'intégration d'OpenAI pour l'intelligence artificielle.
[Guillaume SOMMERER]
Justement, est-ce que les difficultés rencontrées autour d'OpenAI depuis la dernière publication de Microsoft ne constituent pas un problème pour le groupe ?
[Benjamin SACCHET]
Oui, c'est un sujet qui inquiète le marché, mais nous ne partageons pas du tout cette lecture. Le rebond technique récent nous donne d'ailleurs plutôt raison. OpenAI représente une part très importante du carnet de commandes de Microsoft, environ la moitié d'un backlog qui dépasse 600 milliards. Le marché craint donc que si OpenAI rencontrait de grosses difficultés, Microsoft se retrouve avec un carnet de commandes beaucoup moins important.
Mais selon nous, le véritable actif stratégique est la capacité de calcul. Si un acteur venait à faire défaut, il y aurait immédiatement de nombreux autres acteurs prêts à récupérer cette capacité. L'exemple récent d'Anthropic et d'Elon Musk est révélateur : Anthropic dépense plus d'un milliard de dollars par mois auprès d'un concurrent direct simplement pour disposer de serveurs.
Cela montre à quel point la puissance de calcul est devenue une ressource extrêmement recherchée. Nous pensons que l'intelligence artificielle va continuer à connaître une croissance très importante. Microsoft possède les infrastructures et les « tuyaux » nécessaires à cette croissance. Peu importe finalement qui remportera la course à l'IA : Microsoft, grâce à ses infrastructures, percevra son péage.
[Guillaume SOMMERER]
Vous êtes donc à l'achat aujourd'hui sur Microsoft ?
[Benjamin SACCHET]
Exactement. Nous avons d'ailleurs renforcé fortement la position ces dernières semaines dans nos mandats. Je dois néanmoins reconnaître qu'avec l'actualité récente et le rebond du titre, il devient un peu tard pour profiter de la partie la plus facile du rebond.
Cela étant, la valorisation reste intéressante : nous achetons autour de quinze fois la valeur d'entreprise rapportée à l'EBITDA attendu pour 2026, soit environ un tiers de moins que les niveaux observés ces dernières années. Le mouvement de hausse peut donc encore se poursuivre.
Nous considérons qu'un niveau autour de 560 dollars serait cohérent, et même relativement conservateur selon nos hypothèses internes. Microsoft fait par ailleurs partie des positions historiques de notre établissement : nous en avons donc toujours en portefeuille.
Pour quelqu'un qui veut profiter de la croissance de l'intelligence artificielle tout en conservant un niveau de risque relativement modéré, nous considérons Microsoft comme un excellent investissement de long terme, de type buy and hold.
[Guillaume SOMMERER]
Microsoft donc. Merci beaucoup Benjamin Sacchet et ses équipes chez Avant-Garde Family Office. Vous appréciez particulièrement ce titre Microsoft et vous y revenez actuellement, en voyant encore une opportunité sur la valeur.



